Pilote tout terrain

Le commandant Fabian compte 2 800 heures de vol et 400 heures de formation pour maîtriser les gros porteurs.

À 34 ans, le commandant Fabian, est le commandant en second de l’Escadron Touraine. Il encadre le personnel naviguant (PN) basé à la base aérienne de Bricy (BA 123). Portrait.

Les bureaux de l’Escadron Touraine sont presque déserts. Les équipages sont soit en formation soit à l’entraînement, dans les airs. Sur le plancher des vaches, le commandant Fabian prend son mal en patience. Il n’aspire qu’à une chose voler. Mais pour voler il faut se préparer : préparer la machine mais aussi les équipages et prévoir le plan de vol. "Nous sommes prêts à intervenir rapidement et à décoller dans l’heure même si nos vols sont très souvent programmés."

Conditions extrêmes pour travailler
Avec son A400M, Fabian s’est posé dans de nombreux pays où la piste d’atterrissage est plus que sommaire et l’accueil dissuasif en raison des conflits : le Tchad, le Niger, l’Afghanistan mais aussi le Sénégal ou Djibouti. Des missions périlleuses et plus ou moins longues (d'une semaine à deux mois). "Cet avion peut partir à l’autre bout du monde pour venir en aide aux populations, c’est un vrai plus pour nous car nous rentrons en contact avec tous les intervenants en opération (forces spéciales, marine...)."

La diversité est aussi de mise. Une journée en formation, en exercice pour transmettre aux jeunes pilotes, le lendemain en mission pour assurer une mission de transport de troupes et se poser à l’aéroport JFK à New-York ou larguer des parachutistes. Les missions sont variés et la machine évolue. Sa connaissance est donc toujours plus poussée afin d’en tirer le meilleur. "L’A400M c’est comme une belle voiture, on peut être plus agressif dans le pilotage, les virages sont plus courts. Il réagit vite et c’est un plaisir de le piloter."

Opex et kiss landing
Pour autant, après chaque Opex réussie (opération extérieure), Fabian débriefe avec ses équipes, pointe les satisfactions et les axes de progrès. "Dans notre métier, il faut être très humble et perfectionniste car chaque mission nous apporte de l’expérience et si on réussit un kiss landing (atterrissage tout en douceur), il faut toujours essayer de faire aussi bien la fois d’après même si les conditions sont plus difficiles."

Fabian compte 2 800 heures de vol et 400 heures de formation pour maîtriser les gros porteurs. Une tête bien faite et bien pleine : Math sup-Math spé et une formation de pilote dans la célèbre école de l’air basée à Salon de Provence. Malgré sa jeunesse, le commandant Fabian veut "profiter de ces moments car je sais que cela ne va pas durer". Son avenir s’inscrit dans un état-major de l’armée pour superviser des opérations extérieures, loin des airs mais près du sommet.

B. Sanson

L’Airbus A400M en chiffres